pseudo : Air
e-mail : under_the_blue_sky_5@hotmail.com
genre de la fanfic : Romance
notes :
- comme toutes les fanfics, il s'agit d'un hommage à une série déjà existante. Par conséquent, les personnages ne m'appartiennent pas
- n'hésitez pas à m'envoyer vos critiques et vos impressions. Les critiques "gentilles" sont toujours agréables et incitent à poursuivre ; les "méchantes" permettent d'améliorer son style. Par conséquent n'hésitez pas à être sincère
- cette fanfic a été écrite le 28 / 07 / 2004 (je ne sais pas à quoi cela sert, mais je le mets quand même ^^)
Nouvel An
Chapitre 1
- Allez, Kyo, dépêche-toi ! me dit Tohru.
- C'est bon : j'arrive !
La jeune fille ouvre la porte d'entrée. Une bourrasque s'engouffre dans le châlet que nous avons loué pour les vacances d'hiver. Je sens ma résolution faiblir : j'ai horreur du froid. C'est déjà un miracle que j'aie accepté de venir.
Tohru s'aperçoit de mon manque d'enthousiasme et dit aussitôt :
- Si tu ne veux plus, ce n'est pas grave : j'irai seule.
- Qu'est-ce que tu racontes ? Je t'ai promis que je viendrai, non ? Je tiens toujours mes promesses.
- Oui, mais...
- Pas de “mais”. On y va.
Le visage de Tohru s'illumine d'un doux sourire.
- D'accord.
Je referme la porte à clef derrière moi. Puis je prends la jeune fille par la main. Mon amie est surprise par ce geste ; je me sens obligé de lui expliquer :
- C'est pour éviter que tu ne glisses sur une plaque de verglas. Tu es tellement maladroite.
- Comment ça ? Ce n'est pas vrai, je...
Elle fait semblant d'être vexée et je la taquine un peu. Après une petite joute verbale, nous éclatons de rire tous les deux. Puis nous marchons en silence.
Si cette promenade au clair de lune avait eu lieu un mois auparavant, nul doute que mon coeur aurait battu la chamade, au simple fait que je sois seul avec Tohru. Mais aujourd'hui...
- Qu'y a-t-il, Kyo ? Quelque chose ne va pas ?
- Tout va bien.
- Tu es sûr ? Parce que si tu veux, tu peux ren...
- C'est bon, dis-je un peu brusquement.
Mon amie ne se rend pas compte qu'à force de vouloir gêner le moins possible les autres, elle en devient blessante. C'est comme si elle disait : “Que tu sois là ou non, moi, je m'en fiche !”
Je connais bien Tohru, je sais que les apparences sont trompeuses, que son indifférence est feinte, mais cela m'agace tout de même. Ne sommes-nous pas amis ? J'aimerais qu'elle soit plus sincère, plus égoïste, comme le jour où elle nous a dit “Je veux vivre chez vous”. Comme le jour également où, malgré ma transformation et mon obstination à vouloir fuir, elle s'était accrochée à moi.
Une bourrasque se lève. Des tourbillons de neige se forment. Je frissonne légèrement.
Tohru s'arrête de marcher. Elle ôte sa doudoune et tente de me la mettre de force sur les épaules. Mais comme je suis plus grand qu'elle et que je me défends, elle échoue.
- Qu'est-ce que tu tentes de faire ?
- C'est pour que tu n'aies pas froid !
- Imbécile ! m'exclamé-je. Et toi, alors ?
- Allez, mets cette doudoune ! s'écrie Tohru. C'est un ordre ! Si tu ne le fais pas, je te serre dans mes bras pour que tu te transformes en chat, et...
- C'est bon, tu as gagné.
Je me laisse faire. Tohru tente d'ajuster son vêtement sur mes épaules. Elle trouve l'astuce en n'attachant que le bouton du col. Fière de sa manoeuvre, elle sourit. Je fais la moue.
- Normalement, dis-je, c'est à l'homme de faire cela.
Mon regard plonge dans le sien. Nous restons quelques instants sans rien dire, puis je baisse les yeux. Quelle erreur ! Dans mon champ de vision, j'ai désormais la poitrine de Tohru. Le pull qu'elle a revêtu laisse aisément deviner ses. “Ils ont grandi”, pensé-je machinalement.
- Euh... Kyo ? On... On a de la chance : on peut bien voir les étoiles ce soir !
A regrets, je relève la tête.
- Tu connais les noms des constellations ? demandé-je.
- Un peu ! répond-elle avec enthousiasme. Hatsuharu m'a appris ! Par exemple, là, l'espèce de “M” tout étiré, c'est Cassiopée. Là, c'est...
Avec emphase, elle me fait un petit exposé.
- Tu crois en l'astrologie ? me demande-t-elle soudain.
- Je n'ai pas le choix, dis-je en souriant tristement. Et toi ?
Le regard de Tohru semble se perdre dans le vague. Elle murmure :
- Oui... J'aime tout ce qui est magique...
Suite à cela, nous poursuivons notre chemin en silence. Tohru tremble de froid. Je fais comme si je ne m'en apercevais pas. Si je tentais de remettre sa doudoune sur ses épaules, il ne fait aucun doute qu'elle mettrait sa menace à exécution.
“Penser aux autres avant de penser à soi-même” : tel est le mode de pensée de la jeune fille.
Cette pureté et cette dévotion m'avaient au début surpris, avant de m'énerver et, finalement, de m'attendrir. Aujourd'hui, ce sont les deux raisons pour lesquels je suis sûr de ne pas être amoureux de Tohru. Certes, je l'apprécie ; certes, je la trouve très jolie... Mais l'amitié et le désir ne forment pas l'amour. Nos manières d'appréhender le monde sont trop différentes.
"Justement, vous êtes complémentaires donc ça devrait marcher !” avait répliqué Uoh quand je lui avais dit pourquoi je n'étais plus amoureux de Tohru (après qu'elle m'en avait fait la demande). Je lui avais alors répondu que la “complémentarité”, d'un point de vue mathématique et scientifique, cela sonnait bien, mais que dans la pratique une telle relation était vouée à l'échec. Par exemple, on peut se dire qu'une personne un peu trop calme, sage, et une personne surexcitée iraient très bien ensemble (la première aidant la seconde à s'assagir ; la seconde aidant la première à aller de l'avant), mais à moins d'un changement radical, la personne sage sera très vite lassée de l'autre, et réciproquement.
Uoh était revenue à la charge, au prétexte que “l'amitié entre les garçons et les filles n'existe pas”. Je lui avais demandé si cela signifiait qu'elle, Uoh, était amoureuse de tous les garçons qu'elle ne détestait pas. Ce qui comprenait Yuki, Hatsuharu, moi, etc. “Tu vas faire de la conccurence à Tohru ?” avais-je même ajouté. Elle n'avait rien répondu à cela ; elle s'était contentée de jeter un coup d'oeil à Hana.
Mais Hana, grâce à son pouvoir, savait parfaitement quels étaient mes sentiments pour Tohru. Et elle savait qui était l'élue de mon coeur. Elle n'avait rien dit.
- Ça y est ! On est arrivés ! s'exclame triomphalement Tohru.
Je reviens à la réalité.
(à suivre)