Auteur : Süßer-Fisch
Titre : Conte de Noël
Genre : Conte de Noël
Disclaimer : Fruits basket appartient à Mme Takaya . Par contre,
je suis en train d'écrire une lettre la suppliant de me les
donner ! ^^
Note : La fin de fruits basket, telle que je l'aimerais. Il faut noter
que je n'ai pas lu la vraie fin.
Ah, et des Mitaines sont ce que l'on porte l'hiver pour ne pas que
nos mains gèlent ! Et la tuque c'est pareil, mais pour la tête.
Je pense que ce sont des expressions du Québec...
Japon, Noël 2006.
Une petite fille regardait par la fenêtre. La neige qui recouvrait
la forêt entourant la maison donnait un air magique au paysage
d'hiver. Le temps était calme en cette soirée de Noël,
même si on pouvait deviner au loin, tels des murmurements, les
bruits de la ville. La petite fille traça un petit sourire de
son fin doigt dans la vitre givrée avant de se précipiter à la
porte : la visite commençait déjà à arriver
!
«
Kyoko, lança Kyo, peux-tu aller ouvrir ? Maman est encore dans
la cuisine et j'ai une pile d'assiettes qui menaçent de s'écrouler
dans mes bras !
- Oui papa, j'y suis déjà, répondit joyeusement
la petite en enjambant les trois chats de la maison qui surveillaient
l'entrée.»
La petite Kyoyo ouvrit la porte. Hatori, accompagné de Kana
entrèrent dans la demeure, les bras remplis de cadeaux.
«
Vous êtes les premiers, cria Tohru de la cuisine. Kyoyo ma belle,
peux-tu les débarasser de leurs manteaux et de leurs bottes
?
- Oui maman ! C'est aussi déjà fait.
- Tu es un amour, dit son oncle Hatori en lui frottant les cheveux.
Voudrais-tu aller porter les paquets sous le sapin ?
- Oh oui, répondit la petite en regardant délibérément
lequel serait le sien»
Il y en avait une enveloppe verte pour ses parents... une boîte
rouge avec un chou bleu pour elle... un petit paquet avec pleins de
rubans pour Yuki et Machi...un autre cadeau pour elle... deux boîtes
- probablement du chocolat - pour Kisa et Hiko et un paquet pour Akito.
Oh zut, se dit-elle en faisant la moue. Elle n'aimait pas oncle Akito,
il lui donnait des frissons dans le dos et elle avait secrètement
espéré qu'il ne vienne pas. Les yeux pétillants,
la petite Kyoko regardait le sapin. Les décorations étaient
magnifiques, et les petites lumières faisaient scintiller les
boules de Noël et les animaux du zodiac délicats en verre.
Elle en prit un dans ses mains d'enfant et le flatta doucement. Celui-là,
c'était son préféré.
Kyo regarda fièrement la table qu'il avait dressée.
Les assiettes blanches comme la neige s'alignaient parfaitement avec
les ustensiles et les coupes avaient tellement été astiquées
par Tohru et Kyo qu'elles aveuglaient en les regardant. Au milieu de
la table se tenait fièrement des décorations fabriquées
par la Kyoko, aidée de son oncle Yuki et de sa tante Machi :
quelques petites branches de sapins où étaient accrochés
rubans rouges et petites cocotes. Tout cela reposait sur une nappe
magnifiquement brodée par Ayamé. Des étoiles en
or et des flocons de neige dorés se disputaient les coins de
cette nappe tandis que le contour avait été doublé d'une
fine dentelle, tissée à la main par Miné. Sur
coin de la table reposait quelques enveloppes encore cachetées.
Elles venaient des membres éloignés de la famille qui
vivaient à l'étranger et qui ne pouvaient assister au
réveillon qui avait lieu cette année chez Tohru et Kyo.
Une provenait de l'Allemagne, écrite par Momiji, une autre de
France par Ayamé et Miné, un autre du Canada par Haru
et Rin. Tohru, qui venait tout juste de sortir de ses fourneaux, s'arrêta
devant ces lettres et pensa un moment. Depuis que la malédiction était
brisée, les membres s'étaient vraiment éloignés...
Son regard croisa celui de son mari, Kyo. Un tendre sourire se dessina
sur ses lèvres. Il prit sa femme par la taille et ensemble,
ils se dirigèrent vers l'entrée de la maison, où se
tenaient encore Hatori et Kana.
«Au fait, commença Hatori, Shiguré ne pourra pas
venir. Il m'a dit que son vol a été annulé à cause
du mauvais temps.
- Tu parles, gageons qu'il ne voulait pas affronter le froid et la
neige... à moins qu'il soit entouré de belles filles
sur la plage, murmura Kyo entre ses dents.
- Voyons Kyo, dit Kana, tu sais bien qu'il est fiancé avec une
femme ! Comment s'appelle t-elle déjà ?
- On a pas besoin d'apprendre son nom, il va sûrement en conquérir
une nouvelle d'ici quelques mois, conclut Hatori.»
Cependant, Kyo ne pouvait s'empêcher de ressentir une pointe
de reconnaissance envers son cousin Shiguré qui lui avait laissé sa
maison. En effet, l'écrivain habitait maintenant au Brésil
dans un romantique chalet avec vue sur plage - surtout sur les belles
jeunes femmes qui y sont - avec son éditrice. Ou bien Mayuko,
il n'avait pas très bien compris... en fait il n'y avait sûrement
rien à comprendre ! Il eut un sourire en coin en regardant Hatori
et sa femme. Qui aurait cru que lorsque Hatori serait libéré de
la malédiction, toutes les personnes à qui la mémoire
avait été effacée se souviendraient de tout ?
Finalement, leur triste histoire s'était transformée
en fin heureuse. Kana avait laissé son mari : elle ne s'entendait
pas très bien avec lui et avait renoué avec Hatori.
Yuki et Machi arrivèrent un peu plus tard, accompagnés
de Kisa et Hiro. Ils avaient aussi plusieurs cadeaux dans les bras
et éclatèrent de rire en voyant le sapin déjà garni
de plusieurs présents. En attendant le dernier invité,
ils parlèrent tranquillement de petites choses sans importances
qui se passaient dans leurs vies.
Akito arriva en dernier, tout essouflé. Il s'excusa de son
retard en bredouillant ; il avait dû travailler plus tard que
prévu et la neige qui tombait depuis cette après-midi
retardait considérablement le transport en commun de la ville.
Yuki serra la main de Machi à la vue d'Akito. L'ancien Dieu
avait fait un virage carré dans sa vie lorsqu'il avait légué la
presque totalité de sa fortune à des organismes de charités.
D'ailleurs, il travaillait dans l'unes de celles-ci. Akito avait renoncé aux
servantes et au grand manoir, qu'il avait vendu en différentes
parties, et vivait maintenant dans une petite maison assez modeste
et meublée avec goût par quelques objets dont il n'avait
pu se séparer.
Il avait changé de caractère et ne faisait plus de colères.
Personne n'avait jamais su la raison de ce changement.
Après avoir mangé un copieux repas préparé avec
amour par Tohru, les invités décidèrent de papoter
un peu car il était encore trop tôt pour ouvrir les cadeaux.
La petite Kyoko, impatiente de découvrir les trésors
emballés, ne pouvait s'empêcher de marcher de long en
large. Kyo, un peu irrité de tout ce va et vient lui proposa
d'aller jouer dehors dans la neige.
«
Mais papa, il fait noir dehors, j'ai peur d'y aller toute seule...
- Je peux y aller avec toi, dit Akito.
- Mais quelle bonne idée, s'exclama Tohru en tapant des mains.
Je vais aller chercher ta tuque et tes mitaines, chérie.»
Un peu à contrecoeur, Kyoko enfila son manteau et ses bottines.
Akito passa subtilement prendre un des cadeaux qu'il avait apporté et
sortit discrètement de la maison avec la petite.
Les deux marchaient dehors depuis longtemps, en silence, lorsque Akito
se décida à parler.
«
Petite Kyoko, connais-tu l'histoire des animaux du zodiac et du chat
?, demanda Akito.
-Bien sûr, c'est l'histoire préférée de
maman !, répondit joyeusement la petite fille.
-Et connaîs-tu la légende de la famille maudite par ces
animaux ?»
La petite fille s'arrêta. Maintenant, on n'entendait même
plus le crissement de la neige piétinée. Que du silence.
«
Oui.. mais... je ne connais toujours pas la fin de l'histoire, dit-elle.
Maman dit que je ne suis pas encore assez grande pour la comprendre...
- Moi je la connais, dit Akito. Peut-être que je pourrais te
la raconter ?
- Oh oui ! s'écria la petite Kyoko. Maman arrête toujours
avant que le chat se fasse enfermer... »
Akito s'assombrit, l'espace d'une seconde.
«
Mmmm... En fait, ce fut le petit lapin qui découvrit contre
tout attente comment lever la malédiction, commenca Akito. Il
avait trouvé le moyen sans même le chercher. Un matin,
tout comme le Coq, il fut libéré, sans raison visible.
C'est là que la gentille jeune fille et le cheval avaient échoué dans
leur quête : la clé n'était pas un geste ou quelque
chose à trouver. La clé était un sentiment. La
nuit avant qu'il soit libéré, le petit lapin avait fait
la paix. La paix avec lui-même. La paix dans son coeur. La paix
avec le monde qui l'entourait. La paix avec le Dieu qui les faisait
souffrir. Il eut pitié du chat, il ne le trouvait plus écoeurant.
Il pensait que tous ces sentiments étaient vraiment malsains,
et il se trouve que c'était l'origine de la malédiction.
- Et le chat ? coupa Kyoko. Il s'est fait enfermé ?
- Oui, dit Akito doucement. La jeune fille eut le coeur brisé...
Elle s'enferma aussi, à sa manière...
- Et ils sont morts ? demanda Kyoko, les larmes aux yeux.
- Oh non, ils ne sont pas morts. Le chat découvrit lui aussi
le moyen de se libérer de la malédiction. Cela lui prit
beaucoup de temps.. Certains disent un an, mais moi je dirais plus...
Sa belle l'attendit pendant tout ce temps. Elle ne sortait même
pas de sa maison.. ses amies s'occupaient d'elle et essayaient de la
consoler du mieux qu'elles le pouvaient. Un bon matin, contre toute
attente, son prince charmant vint la tirer de son long cauchemard.
Il avait été libéré de sa malédiction
et n'avait plus aucune raison d'être enfermé.
- Ils vivèrent heureux et eurent beaucoup d'enfant, finit Kyoko.
- Oh non, pas tant d'enfants. Seulement un. Une petite fille tout à fait
charmante, répliqua Akito.
- Je ne te crois pas ! lança la petite. Dans les contes avec
des fins heureuses, il y a toujours pleins d'enfants !
- Mais la fin n'est pas heureuse pour tout le monde...»
La petite Kyoko leva les yeux vers son oncle.
«
Quelqu'un est malheureux dans la fin ?
- Oui... , avoua Akito.
- Mais qui ? demanda la petite.
- Le sanglier et le singe. Ils sont disparus à jamais. Personne
ne les a jamais revus. On dit qu'ils n'arrivaient pas à pardonner
et qu'aveuglés par le désespoir, ils se sont enlevés
la vie.»
Visiblement, sa nièce était très ébranlée
par cette perspective car elle ne répondit point. Profitant
de ce moment de calme, Akito s'agenouilla en tendant un cadeau à la
petite Kyoko. Surprise, elle hésita un instant avant de le prendre.
«
Ouvre-le !
- Oh merci oncle Akito, murmura-t-elle timidement.»
Les mitaines la ralentissant considérablement, elle prit tout
son temps pour ouvrir le présent assez maladroitement emballé.
La boucle du ruban était croche et l'emballage replié n'importe
comment dans les coins était recouvert de plusieurs couches
de papier adhésif. Cependant, la petite ne s'en rendit pas compte,
elle était trop étonnée de recevoir un cadeau
de son oncle qui lui faisait peur, et elle se demandait vraiment ce
que cette boîte pouvait contenir. Lorsqu'elle put enfin en voir
le contenu, elle sauta de joie. C'était des animaux du zodiac
sculptés dans une sorte de bois ancien... et à sa grande
surprise, il y avait aussi une fleur, sculptée dans le même
bois. Cette fleur ressemblait étrangement à celle qui
surmontait leur sapin de Noël. Au fond de la boîte reposait
un épais livre, visiblement aussi âgé que les figurines.
Malheureusement, elle ne pouvait pas le lire, le livre étant écrit
en Kanji.
«
Qu'est-ce qui est écrit, demanda Kyoko en pointant les écritures
reposant sur la couverture du livre.
- "Mémoires d'un Dieu" répondit Akito.
- Ouah, vraiment ? dit la petite, les yeux grands comme des soucoupes.
- Oui. Mais ça c'est un secret entre nous deux. Tu ne dois pas
le montrer à ta maman et à ton papa...
- D'accord ! On rentre à la maison ?»
La petite fille ne laissa pas le temps à Akito de répliquer
car elle partit en courant, criant quelque chose qui ressemblait à qui
arrive en dernier est une poule mouillée.
Akito la regarda s'éloigner. Passant la main devant ses cheveux,
il soupira. Il venait enfin de léguer son précieux héritage,
en accord avec la promesse faite le jour où il avait été libéré de
sa malédiction.
Akito pouvait à présent rejoindre en paix les autres
dieux dans les cieux.
Fin